« Vivre ensemble », qu’est-ce que ça veut dire pour vous ? Pour la très grande majorité des Français, c’est souvent simplement synonyme des années étudiantes en colocation, de croiser son voisin dans l’escalier une fois par jour, de participer à une assemblée générale une fois par an et, pour les plus valeureux, organiser un apéro à l’occasion de la Fête des Voisins chaque 21 juin.

Mais pour une poignée de pionniers en pleine ébullition, le « vivre ensemble » va plus loin et entraine des changements de vie complets, qui donnent un nouveau sens au quotidien.

A l’occasion du lancement de l’appel à projets makers « Habitons ensemble ! » organisé par Maker Faire France en partenariat avec AG2R La Mondiale, KissKissBankBank, Leroy Merlin Source, Labhidouille, Familles Solidaires et Fondation Leroy Merlin, nous sommes partis à la rencontre des adeptes de l’habitat participatif et inclusif.

 

L’habitat participatif, des habitants en quête de sens commun

Modèle bien connu de certains pays d’Europe comme l’Allemagne ou les pays du Nord, l’habitat participatif se développe en France depuis la fin des années 1960, et à vitesse rapide depuis 15 ans. Sur le papier, l’idée est simple : des habitants partagent des espaces communs comme la buanderie, la cuisine, l’atelier, le jardin ou encore la salle de sport. 

Appelé aussi habitat coopératif ou même auto-promotion, les habitants se rencontrent et conçoivent leur habitat avant l’emménagement. Des réunions ont lieu avec les promoteurs immobiliers et entre habitants pour façonner un logement qui répond aux attentes communes et individuelles. Les habitants optant pour ce type de lieu sont souvent portés par des valeurs communes liées à l’écologie et au partage. Une charte de vie commune est mise en place.

Plus de 1000 écolieux existent en France, mais le référencement est loin d’être exhaustif !

Ces coopératives d’habitants, inspirées également par les valeurs du mouvement hippie des années 1970, font la part belle au faire soi-même, avec des expérimentations passionnantes autour de l’auto-construction et de la recherche d’autonomie alimentaire et énergétique. Low tech, permaculture, construction passive bois et terre-paille sont quelques-uns des nombreux savoirs-faires partagés entre habitants.

De nombreux oasis du mouvement Colibri ont donné naissance à des centaines d’écolieux, hameaux et habitats autogérés comme l’éco hameau du Plessis ou le célèbre Hameau des Buis. Et les réseaux et projets indépendants se multiplient partout en France, comme le collectif de La Suite du Monde ou la poétique Vallée Suspendue. L’Ardèche, la Bretagne et les Cévennes sont les territoires les plus dynamiques.

 

L’habitat inclusif prend son envol

Dans l’habitat inclusif, le logement est cette fois occupé par des personnes en situation sociale fragilisée. Plutôt que de devoir dépendre entièrement d’aidants – souvent le cercle familial très impliqué au quotidien – ou de rejoindre des structures très denses comme les EPDHAD ou les maisons spécialisées, la colocation entre 4 et 8 personnes dépendantes permet de coordonner la présence en continue d’auxiliaires de vie, de partager les frais de vie, mais aussi de concevoir un logement sur-mesure qui répond aux besoins.

Personnes sans domicile fixe, âgées ou seules en situation de précarité sont également concernées.

Là encore, la rencontre entre habitants se fait plusieurs mois avant l’emménagement, accompagnée par des structures associatives comme Familles Solidaires. Un nouveau métier lié à l’habitat participatif et inclusif a même fait son apparition : celui de maitre d’usage. Véritable designer du vivre ensemble, il accompagne les habitants dans la conception de leur quotidien à plusieurs. 

Une centaine d’habitats inclusifs sont actuellement en fonctionnement et près de 600 nouveaux projets devraient éclore dans les deux prochaines années, suite à la publication du rapport Piveteau Wolfrom. 

 

Et les makers dans tout ça ?

Ils sont partout ! Les fablabs, ateliers partagés, font bien sûr partie intégrante de nombreux projets d’habitats. Le partage des machines et des outils permet aussi de partager les savoirs-faires et les idées, pour fabriquer ensemble des objets sur-mesure qui améliorent l’habitat au quotidien. 

Au Labhidouille, le fablab de l’association Familles Solidaires à Mulhouse, les projets fleurissent pour aider les habitants, notamment en domotique. Le dernier projet maker en date ? Un miroir inclusif pour les personnes ayant un trouble cognitif.

Rédigé par

Mathilde Berchon
FuturFab | Explorons le futur de la fabrication

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